Internet et moi.
Récemment on m’a demandé des liens de blogs pub, communication et marketing pour “faire de la veille”. D’habitude c’est le genre de demande qui se termine par un /kickban et dans la corbeille de l’internet, vu que tous mes chats son off record. Mais bon là j’étais dans un bon jour et j’ai pris le temps, comme après une bonne cuite, de réfléchir à tout ça.
J’ai réouvert les onglets poussiéreux autour du seul que je consulte, pompeusement intitulé “Communications”. Là-dedans, y’a des widgets pour mes comptes twitter, et un raccourcisseur d’URLs.
(En passant, “raccourcisseur d’URLs” ça me fait toujours bien marrer, ça me fait penser aux raccourcisseurs de sexe sénégalais, une sorte d’actualité de niche qui est presque une drogue pour moi, et dont mon principal fournisseur, un ami qui travaille à Dakar, m’envoie des scans depuis le pays des Lions indomptables de la Terranga.)
J’ai été assailli par les chiffres rouges des flux non lus, rouges comme des yeux ayant trop pleurés, plein de reproches d’avoir été délaissés pendant trop longtemps.
Des milliers de bouts d’actus m’attendaient donc, prêts à être cliqués, prêts à quitter leur graisse. Je les ai cruellement laissé pourrir, pour apporter cette réponse qui m’est soudainement apparue.
Lassé de lire une actualités et ses variations, je préférais laisser d’autres personnes dégraisser, faire ce boulot de tri à ma place, tout en apportant ma petite pièce à cet édifice de veille collective. En gros, je suis des gens sur Twitter et Facebook, et plus des medias. C’est pas le nombre de blogs ou de sites qui va faire la valeur de la veille, mais la qualité des gens qui m’apportent l’info.
Au final, sur les domaines qui m’intéressent, je suis suffisamment pourvu. Chacun d’eux m’apportent un type d’infos spécifique, et je fais le même boulot dans l’autre sens. Sans qu’on se soit vraiment concerté, d’ailleurs. un article, un lien, tout ça est taggué et rangé dans les nuages de l’internet. Je sais que j’ai lu un truc sympa, je sais que c’est rangé, ça me rassure.
Ce qui serait drôle en revanche, serait qu’ils se concertent pour me faire croire quelque chose. LOL.
Autre chose. Je racontais ça à Marc et Fred, avec qui je bosse. Je ne sais plus comment ça a dérivé, mais je leur racontais qu’avant twitter, facebook et tout le bordel, je bouffais du magazine. Souvent volés au taf, ils allaient ensuite trôner bien rangés sur l’étagère des toilettes. Je trouvais ça trop classe, comme les mecs qu’ont une belle collection de bédés.
Je leur ai fait part d’un remarque que m’avait faite Gretchen, sur le fait que je passais vachement de temps sur l’ordinateur à la maison. Rien de méchant, une remarque comme “qu’est ce que t’as des grands pieds”, quoi. Je lui avais répondu que si je passais des heures à lire un magazine à côté d’elle, elle me dirait pas “qu’est ce que tu passes du temps à lire des magazines”. De fil en aiguille, on en était venu à se dire que c’était mon petit magazine à moi.
Là Marc a eu une remarque vachement juste. C’est dommage que j’ai pas l’image, mais il a fait une geste avec ses mains, en me disant que c’est ce geste d’ouvrir de haut en bas (comme on ouvre un ordinateur) qui énerve tant les gens en face de celui qui allume l’ordinateur. Je l’ouvrirais comme un livre (de gauche à droite), ça ne se passerait certainement pas comme ça. Certainement une déformation de génération, comme les ados qui auraient les pouces plus agiles.
Je rajouterais que la personne en face est désemparée, car n’ayant plus l’indice de la couverture, du titre, ne sait pas ce que l’on lit. Même si lire est toujours autant une activité personnelle, la personne en face ne verra que la pomme.